Suivi médical.

Suivi médical.

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Première poussée : Septembre 2000
* Deuxième poussée : Décembre 2001
* Arrêt du lait de vache : Décembre 2001
* Troisième poussée (après gavage de crème chantilly) : Juillet 2007
* Diagnostique : Juillet 2007
* Suivi du régime Seignalet strict : Juillet 2007
* Depuis : Et bien, rien. Même pas le quart du début d'un fourmillement. Ah si ! Ma main gauche m'a grattouillé début 2013.
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samedi 13 novembre 2010

Sclérose en plaque et torticolis.

Depuis le week end dernier ma tendre et chère ne peut pas tourner la tête. Ca craint !

Et depuis la semaine dernière notre cadet fait des cauchemars la nuit entre cinq et six heures. Ca craint !

La résultante de ces deux phénomènes conjugués est une fatigue intense car si en temps normal nous nous levons à tour de rôle pour nous occuper des péripéties nocturnes de nos marmots, je ne vais pas, mari aimant et attentionné que je suis, envoyer ma femme cybernétique (c'est fou ce que le fait de ne pas pourvoir tourner la tête nous fait ressembler à un robot) pour calmer les rêves effrayants de notre fils.

Enfin, je préfère ça que d'aller pointer à l'usine. Je précise que je n'ai rien contre les usines, ni même contre ceux qui y travaille, je ne pense pas que ce soit une vocation.

- Tu veux faire quoi quand tu seras grand mon garçon ?
- Bah, je sais pas mais j'adorerais viser toujours les mêmes quatre boulons sur une chaîne de montage.
(pause)
- Et bien quelle ambition !
- Ah mais attend, je voudrais travailler sur des jaguars !
- C'est bien mon fils tu iras loin. (En Grande-Bretagne)

Donc du coup, pour montrer que je n'étais ni trop fatigué, ni rancunier vis-à-vis de sa maladie, et que je l'aimais, ce matin elle a reçu des embrassades de ses fils et son petit déjeuner au lit, café, thé et toasts de marmite. Et bien je vous assure qu'elle était contente.

Comme quoi, il nous faut pas grand chose pour être heureux.

vendredi 5 novembre 2010

J'ai promené ma sclérose chez IKEA.

Et oui je suis allé à la capitale. Enfin, nous sommes allés à la capitale. Pour être exact, nous sommes à la capitale !

Et qui dit capitale, dit IKEA, le paradis de la sapinette suédoise, du plastic hi-tech à prix chinois, du sèche couverts en céramique qui ressemble à un testicule de taureau blanc, mais pour y balader ma sclérose j'avoue que c'est moyen.

Premièrement parce que le parcours des méandres du premier étage a réveillé la douleur de mon genou (au moins j'aurai un truc à dire à mon orthopédiste si elle persiste jusque là) et ensuite parce que faire des courses de caddie entre les verres et les lampes, pour finir par charger des kilos de planches (on ne peut pas appeler ça des meubles, ce sont des planches dans un carton) en imaginant les heures de galères à vivre lorsqu'on les montera pour en faire justement, des meubles, et bien, ce n'est pas de tout repos.

Néanmoins mes vieilles jambes (et on arrête de se marrer) m'ont porté jusqu'à la caisse où nous avons légèrement explosé le budget que nous nous étions fixé mais c'est vrai que d'enfourner des trucs avec des noms bizarres à deux euros tous les dix mètres pour à la fin remplir deux sacs jaunes, ça chiffre.

IKEA, un vendredi soir, ressemble à un gigantesque parc de jeux pour jeunes adultes issus de la génération légo. Un plan, des pièces, au début cela ressemble à rien, à la fin cela ne ressemble pas au meuble de la présentation.

IKEA : Instant de Kréation Educative pour Adulte. Bienvenu dans la vie du pas cher mais tu te débrouilles comme un grand !

samedi 30 octobre 2010

J'ai les doigts qui picotent !

Ce matin, je me suis levé de bonne heure et quoique mes ptits gars étaient déjà debout (je me demande même s'ils dorment) j'étais passablement dans le brouillard. Aussi je ne m'en suis pas aperçu tout de suite.

Ce n'est pour être franc que bien plus tard, une fois le café bu, le cacao vomi (oui mon cadet est malade), le gâteau à la banane englouti, le caca fait, la douche prise, la cravate nouée et ajustée, les bisous faits et la porte fermée derrière moi que je m'en suis aperçu. J'avais les doigts qui picotaient.

Pas beaucoup mais c'était un léger tremblement, un doux fourmillement qui partait du bout des doigts pour se diriger vers la paume. Rien de bien grave cependant, juste la vie courante d'un sclérose en plaqué. Ca va, ça vient, et ça repart. La preuve en est que dès que je fus dans mon bureau, tout à disparu et c'est avec plaisir que j'ai retrouvé le confort douillet de mon fauteuil et la chaleur confortable de mon lieu de travail. Il faut dire que les trois degrés de ce matin étaient plus que rafraichissants !

Bon ok, demain, je mettrai des gants.

mardi 26 octobre 2010

Ma sclérose et mes yeux !

Depuis ce matin je n'y vois plus rien, que dalle, peau de zeb. (Le premier qui ruine mon billet en disant "ben, comment y fait pour écrire ?", je le flingue !)

La soirée fut rude. En effet, nous venons d'intégrer un nouveau membre dans notre ensemble musical (ça claque, hein, ensemble musical), un saxophoniste pour être précis et donc nous devons répéter encore plus souvent pour qu'il puisse apprendre les morceaux et trouver des mélodies pour aller dessus. Bref, j'ai toujours mal aux doigts !

Du coup, je suis rentré aux alentours de minuit hier soir et en rentrant, j'avais encore un peu de boulot pour aujourd'hui, donc j'ai lu jusqu'à une heure avancée de la nuit et j'ai fini par m'endormir avec Camus qui chantait du rock. La nuit était douce, orageuse, venteuse mais douce jusqu'à une certaine heure du matin à laquelle mon fils de cinq ans m'a appelé en urgence pour m'annoncer sur un ton désolé, son incontinence nocturne. Après l'avoir aidé à changer de pyjama et l'avoir recouché avec son frère, j'ai rejoint mes pénates.

Lorsque mon réveil sonna quelques heures (minutes ? secondes ?) après, j'étais dans le noir le plus complet. Affolé j'ai appelé désespérément mon épouse qui luttait pour habiller les enfants pour lui faire part de ce souci.

J'étais incrédule ! Je ne voyais plus rien ! J'en étais à deux doigts de pleurer en me levant et en anticipant déjà les meubles à venir lorsqu'elle arriva enfin.

- Je ne vois plus rien !
- Ah bon ?
- Oui rien du tout, c'est tout noir. C'est peut-être grave.
- Non, je pense pas.
- Tu penses pas mais moi en attendant j'y vois queud !
- Oui mais ça va passer.
- Ca va passer, ça va passer. Je vais pas aller au boulot comme ça ! Il fait plus noir que dans l'estomac d'une taupe ! (si, si, j'utilise ce genre de métaphores animales)
- Hum...
- ...
- Mais dis-moi, tu as essayé d'ouvrir les yeux ?

Et la lumière est venue percuter le fond de mon globe oculaire, fut transmise en signal micro-électrique via mon nerf optique jusqu'à mon cerveau, qui une fois reçu, me transféra le message suivant :

"Je suis ta conscience et ta femme a raison, t'es vraiment trop con bête !"

samedi 23 octobre 2010

J'ai mal aux doigts...

Oui, je sais, je suis silencieux depuis quelques jours.

En résumé :

1. Je joue pas mal sur mon nouveau super ampli, qui me donne un son sub-bass.
2. J'ai écaillé trois tonnes (sans rire, précisément trois tonnes) de bois pour l'hiver.
3. Résultante de 1 et 2, j'ai mal aux doigts et aux mains et aux muscles et aux pieds et même au c..

Donc je recycle :

dimanche 17 octobre 2010

J'ai gaffé !

Depuis plus de trois ans maintenant, je suis avec une régularité sans faille (ou presque) le régime hypotoxique de Seignalet pour soigner ma sclérose en plaques et vendredi j'ai gaffé.

J'ai fait un gros écart, je devais aller chez le toubib pour lui montrer mon genoux qui après avoir subi mille contraintes et accidents liés à dix de handball dans les cages me fait souffrir et comme j'étais pressé (et que mes enfants me mettent souvent l'eau à la bouche) je me suis fait un toast avec de la confiture.

Il m'a fallu, plus de trois heures et un demi-litre de Coca pour évacuer la boule de pâte qui s'était formée dans mon estomac et qui ne voulait pas en sortir. Lorsque je suis allé chercher mon épouse au travail, j'étais vert, une migraine des grands jours comblait les trous de mon cerveau et j'avais mal au bide. Je lui ai expliqué et outre son "t'es trop con" traditionnel, je me suis fait engueuler.

Il m'arrive de lire sur certain forum que ce régime est difficile à suivre, moi je dis plutôt que lorsque on arrive à le suivre il est difficile à ne plus suivre. En tous cas, cela m'a servi de leçon et s'il m'arrivait d'avoir des envies qu'il m'était désagréable de contrôler, maintenant, la seule vue d'une miche de pain réveille l'artisan boulanger qui sommeille dans mon estomac et il se met à bosser !

Enfin, heureusement qu'il me reste celles de ma douce que je vais m'empresser d'aller pétrir !

mercredi 13 octobre 2010

Un sclérosé patient.

Il y a quelques temps, j'ai commandé un nouvel ampli basse. Du matériel beaucoup plus intéressant que celui sur lequel je jouais jusqu'alors.

Depuis que j'ai effectué le virement bancaire, je bous d'une impatience sans nom. Il est vrai que je ne suis pas trop habitué à commander des choses ou des services sur la toile. Toujours est-il que hier, en rentrant du travail, j'ai trouvé un avis de passage du facteur dans ma boite aux lettres et ce matin, après que j'eus déposé tout le monde à l'école ou au travail, j'ai couru jusqu'à la poste pour retirer mon paquet. Première erreur, ne pas courir ! Ma deuxième erreur fut de me garer à environ cinq cents mètres de la poste, ce qui dans l'absolu n'est pas très loin mais qui en portant un carton de mensurations 60x50x40 et pesant trente kilos s'avère être le bout du monde. Ma troisième erreur fut d'y aller avant d'aller au travail.

La somme cumulée de mes erreurs donne maintenant la situation suivante, la course à pieds sous le soleil automnal m'a mis en sueur et je pue. De plus elle n'a fait qu'amplifier mon impatience. Ensuite je suis fatigué par mes cinq cents mètres herculéens et je n'ai toujours pas eu le temps d'ouvrir ce foutu carton et donc de pouvoir essayer mon joujou.

Comme si j'avais le temps vindieu ! J'ai la sclérose en plaques quoi ! Bon ok je fais mon gamin capricieux mais je l'assume ! La seule chose qui me console c'est que la semaine prochaine je suis en vacances et que je vais pouvoir m'amuser. J'ai promis à ma douce de changer un carreau, d'en mastiquer un deuxième, de couper du bois pour l'hiver qui approche, de ranger mes papiers qui traînent depuis six mois, de peindre les toilettes, de déboucher la baignoire, de finir de monter l'électricité dans la maison, de nettoyer le jardin, mais je crois que tout cela va tomber dans un trou et que je vais oublier.

mardi 12 octobre 2010

Moi, mon double et la sclérose en plaques

Morbleu ! C'est extraordinaire !

Il y a quelques jours, alors que j'étais en voiture, tranquillement arrêté à un feu rouge, lorsqu'un individu a traversé le passage clouté devant mon automobile. Quelle surprise, c'était moi ! Enfin, pas mon vrai moi, pas celui qui était assis derrière mon volant, mais l'apparence réelle de ce moi-là. Même couleur générale (marron), même casquette d'avant-guerre, même veste en velours râpée et élimée aux coudes, même pantalon vieillot et poussiéreux, même chaussures en cuir usées, même pilosité faciale et même longueur de barbe, même couleur de cheveux et même coupe de cheveux (elle se résume à une longueur définie, l'absence de coupe de cheveux est mon créneau), bref en un mot : moi devant moi.

Je ne sais pas si cela déjà arrivé à quelqu'un mais c'est troublant, on ne peut pas dire que ce soit un sosie mais j'ai vu ce que les gens peuvent voir lorsque je marche dans la rue. Je n'ai pas eu le temps d'analyser sa dégaine, pour savoir si elle me plaisait ou pas tant cette apparition fut bouleversante.

En rentrant chez moi, j'ai raconté l'expérience que j'avais vécu à mon épouse. Elle m'a écouté avec attention et a esquissé un sourire. Deux jours plus tard, nous sommes partis dans un centre commercial pour y trouver l'hydravion en légo qui aujourd'hui fait tant plaisir à notre fils et qu'il reçut pour son anniversaire, et alors que nous descendions l'escalator, elle se met à rire avec fougue et sans retenue. Je la regarde étonné, je suis son regard et je tombe sur mon moi cinq mètres plus bas. Discrètement, je lui dis : "c'est lui" en le désignant du nez (c'est malpoli de montrer quelqu'un du doigt car on lui lance une malédiction). Je sais me répond-elle en souriant.

La question que je me pose maintenant c'est : est-il correct, lorsque je le rencontre à nouveau de lui dire "salut, toi aussi t'es sclérose en plaqué ?". Je ne suis pas sûr qu'il comprenne la blague ni même qu'il ait conscience que nous appartenons à la même catégorie socio-vestimentaire mais en tous les cas moi, cela me ferait bien rire !

lundi 11 octobre 2010

Ma mère et la sclérose.

Suite à une remarque pertinente de ma génitrice, "tu parles de tout le monde mais tu parles jamais de moi !", j'ai décidé de lui dédier un petit billet. D'abord parce qu'elle le mérite, c'est tout de même elle qui a toujours eu un des regards les plus lucides sur la maladie et puis surtout parce qu'il faut toujours faire plaisir à sa maman (c'est ce que j'enseigne à mes enfants.)

Elle est loin, toujours perdue sur mon île natale bien plus proche de l'Afrique que des neiges alpines, et elle essaie d'être proche autant que faire se peut. Aussi, elle me fait des remarques sur mes billets, "c'est vrai que tu es un peu vulgaire", "c'est un peu tristounet ton histoire", ou encore "punaise ! Ce que tu peux faire comme fautes d'orthographe !", elle est comme ça ma mère, enthousiaste et critique. Mais il n'empêche qu'elle est là et qu'elle essaie à tout prix de calmer les ardeurs alarmistes du reste de la famille qui est tombé sur ce blog. "Pour eux, c'est la fin du monde, mais je ne suis pas sûre qu'ils ont tout compris !" Forcément que non maman, ils n'ont même rien compris et puis tu sais, ce sont tous des cons-tipés.

Bref, tout ça pour dire que la sclérose en plaques est un problème si vous considérez que c'en est un, que si votre famille se transforme en cocker et vos amis en une race bovine indéterminée. Si tout le monde se met d'accord, vous le premier (ou première), pour dire "ok, je suis sclérose en plaqué, et alors ? C'est grave docteur ?", il y a peu de chance que la maladie trouve une aspérité sur votre système nerveux pour y foutre mettre le foutoir.

Alors, merci maman, merci papa, merci ma femme et mes enfants, merci mes frères et sœurs, merci Luigi (c'est mon chat), merci mes amis, merci les autres, tante, cousins, cousines, par alliance, de sang, ou germains, merci les plantes et les rivières, merci le ciel et les étoiles, merci la lune, merci les fenêtres et les portes et merde pour les autres.